Les fake news, la nouvelle bête noire de Google

Pour lutter contre la désinformation, véritable fléau sur Internet, Google déploie une nouveauté : un menu contextuel. Cette fonctionnalité affiche un descriptif qui permet de juger de la fiabilité d’un résultat de recherche ou de la sécurité d’un site web. Ce dispositif pourrait responsabiliser les internautes et avoir des conséquences négatives sur les sites complotistes.

Comme un panneau de signalisation sur le web

Apparue dès la naissance du web, la désinformation a pris de l’ampleur ces derniers mois avec la crise sanitaire liée au Coronavirus. Pour lutter contre ce fléau, les entreprises de la tech ont tout essayé. Facebook, notamment, a ouvert un centre d’informations sur le Covid-19 en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS). De même, le géant des réseaux sociaux supprime automatiquement les fake news et propose de lire des articles dont les contenus ont été vérifiés. Mais, ces initiatives n’ont pas pu venir à bout de la désinformation. Comme une hydre, ses « tentacules » repoussent sans cesse sur la toile. Alors Google a une nouvelle idée : déployer un menu contextuel dans sa SERP (Search Engine Result Page) afin d’évaluer la fiabilité des sources d’un site web. Un panneau de signalisation en quelques sorte, qui alerte les internautes sur ce qu’ils vont découvrir.

Wikipédia servira de référence

Ce menu contextuel se présente sous forme de pointillés placés verticalement, comme ceux qu’on trouve à l’extrême droite de notre navigateur. Lorsqu’on clique dessus, un menu déroulant apparaît et donne des informations sur le site web en question. Dans une animation sur un article de son blog, Google prend en exemple la pandémie de Coronavirus avec The Lancet, une revue scientifique spécialisée dans la médecine. Son outil indique que l’hebdomadaire britannique est l’un des plus anciens et des plus connus au monde dans son domaine. Cette précision seule suffit à rassurer le lecteur sur le sérieux du site.

Selon Google, ce sentiment de confiance est nécessaire quand nous faisons des recherches dans des domaines sensibles tels que les finances et la santé. Les indications données par le menu contextuel proviennent d’une part d’informations sûres et collectées par les robots de Google, et d’autre part de contenus de Wikipédia. Cette encyclopédie en ligne s’appuie sur les contributions de milliers de volontaires à travers la planète. Elle fait figure de référence en matière de connaissances grâce à ses sources vérifiées et vérifiables.

Un outil vérifiant également la sécurité des sites internet

Dans le cas où le média n’a pas (encore) de page Wikipédia, la nouvelle fonctionnalité de Google affiche d’autres renseignements. Elle indique notamment quand le site a été indexé pour la première fois. Une façon d’attirer l’attention sur le degré de confiance à accorder à un nouveau site : face à un inconnu, il ne faut presque jamais se mettre à tout croire au risque de se faire avoir… En outre, le nouvel outil de Google nous renseigne sur le niveau de sécurité d’une plateforme, en se référant au protocole de transmission HTTPS. Vous avez ainsi l’assurance de rester en lieu sûr sur Internet où les menaces sont nombreuses…

Une nouvelle fonctionnalité déployée uniquement aux Etats-Unis pour l’instant

A ce jour, le menu contextuel n’est disponible qu’aux Etats Unis, en anglais, sur les ordinateurs et les mobiles Android. La date de déploiement dans le reste du monde n’a pas encore été communiquée. Néanmoins, Google assure que cet outil va éclairer les internautes et leur permettre de trouver des informations utiles. Par la même occasion, il responsabilisera chacun de nous face aux contenus non vérifiés, particulièrement ceux provenant de sites complotistes. Ces derniers colportent des intox diverses, en particulier sur la pandémie de Covid-19. Il y a par exemple des sites qui prétendent que ce virus est une création du milliardaire américain Bill Gates, qui souhaiterait contrôler la population humaine.

Un dispositif venant en appui du « Fact Check »

Si les internautes s’approprient l’esprit et la lettre de la nouvelle fonctionnalité de Google, les sites complotistes perdront inévitablement du trafic. En effet, leur CTR (Click Through Rate) devrait considérablement diminuer puisque nous pourrions choisir de ne pas cliquer sur leurs liens après avoir lu le descriptif du moteur de recherche. Notons que ce nouvel outil vient renforcer un autre dispositif de Google mis en place en juin 2020. Il concerne des étiquettes spécifiques que le groupe américain colle aux images trompeuses. Ces tags nommés « Fact Check » (« Vérification des Faits ») s’affichent sur les photos et vidéos lors d’une recherche sur Google.

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn