L'Australie va forcer les géants Facebook et Google à payer les éditeurs de presse

Entre les géants d’Internet et le gouvernement australien, le torchon brûle. La pandémie mondiale qui sévit actuellement a entraîné un sérieux ralentissement des activités économiques. Les médias font clairement partie des secteurs les plus touchés. Face à cette situation, l’État australien a décidé de prendre des mesures contre Facebook et Google pour sauver de la faillite certains médias du pays. Et Google n’a pas attendu pour répliquer et prendre à son tour une décision … Retour sur ce bras de fer.

Une mesure protectionniste provenant de l’État australien

Comme évoqué précédemment, la pandémie de coronavirus n’épargne personne, sauf les GAFAM (Google, Facebook, Apple, Amazon et Microsoft) dont le chiffre d’affaires a explosé ces derniers mois. En revanche, les autres acteurs du secteur économique ont vu leurs revenus baisser considérablement. Un pays comme l’Australie a déjà enregistré la fermeture de nombreux journaux depuis le début de la crise.

Pour inverser cette tendance, le gouvernement australien a mis en place un projet de loi connu sous le nom de News Media Bargaining Code. L’idée qui se cache derrière ce projet est d’amener des acteurs du web, comme Facebook et Google, à contribuer financièrement à sauver les journaux d’une fin tragique.

En effet, la loi australienne, qui a également reçu l’approbation de l’autorité de la concurrence, veut que Google et Facebook payent les éditeurs de presse pour l’utilisation de leurs contenus. Si ces derniers refusent, ils s’exposent à des amendes qui sont de l’ordre de centaines de millions de dollars.

Pour justifier cette mesure, le gouvernement australien met en avant deux arguments. Le premier se rapporte aux extraits d’articles produits par les journaux australiens qui sont repris sur les pages d’actualités de Facebook et dans les résultats de recherche Google. Le second renvoie à une étude menée par des experts australiens. Celle-ci révèle que pour 100 dollars investis dans la publicité en ligne, 53 dollars revenaient à Google tandis que 28 dollars sont captés par Facebook. Pire encore, le reste de l’argent se répartit automatiquement entre les autres géants d’Internet.

La contre-attaque des géants du numérique

Dès l’annonce de la mesure prise par le gouvernement australien, les deux entreprises visées ont tout de suite prévenu qu’elles n’allaient pas se plier gentiment à ses désidératas.

Avec des menaces à peine voilées, Facebook a déclaré qu’il serait dans l’obligation d’empêcher ses utilisateurs australiens de partager des informations depuis sa plateforme. Le directeur de la représentation australienne du réseau social a indiqué que le gouvernement faisait preuve d’une méconnaissance pure et simple du monde d’Internet.

De son côté, Google a estimé que Canberra (la capitale australienne) mettait en danger le mode d’utilisation de son moteur de recherche par les Australiens. Dans un message adressé directement à ses utilisateurs, le géant du web leur a fait comprendre que l’efficacité de leurs futures recherches en serait grandement atteinte. Il a même exhorté certains YouTubeurs du pays à peser de tout leur poids pour infléchir la position du gouvernement.

En attendant que le gouvernement australien se rétracte, Google a répliqué à ce qu’il considère être une attaque. Voilà la raison qui explique le blocage de l’accès à certains sites de médias en Australie par le géant.

L’information a été confirmée par le média australien, The Australian Financial Review. Selon ce média, l’accès au contenu appartenant à des journaux comme The Guardian Australia et ceux du groupe News Corp a été bloqué à quelques utilisateurs ayant fait récemment des recherches.

Une réplique qui n’a pas du tout été du goût du gouvernement australien. Par la voix de son ministre des Finances, Josh Frydenberg, celui-ci a fait comprendre à Google qu’il n’avait pas le droit d’empêcher les Australiens d’accéder aux informations locales. Google, quant à lui, trouve qu’il apporte déjà suffisamment de trafic aux médias australiens grâce à son programme de référencement.

Un bras de fer pour la postérité

Il faut dire que les enjeux liés à ce bras de fer dépassent largement le simple cadre australien. De nombreux médias à travers le monde suivent avec grand intérêt l’évolution de cette affaire. Certains ont déjà évoqué et critiqué la situation de quasi-monopole des géants du web concernant les revenus publicitaires. De leur côté, Facebook et Google sont conscients que l’initiative australienne peut très vite faire des émules dans d’autres pays. Ce qui pourrait rendre leur position actuelle plus qu’intenable. Pour le moment, les perdants de ce désaccord sont les internautes et les journaux australiens qui sont les plus impactés. Surtout quand on voit la place occupée aujourd’hui par Google sur le web et dans le référencement des sites …. Affaire à suivre.

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