En Australie, une ambiance délétère entre Google et le gouvernement !

L’Australie veut obliger Google et Facebook à respecter son « code de conduite » en faveur de ses groupes de presse locaux. Une position qui déplaît à Google et qui se traduit depuis plusieurs semaines par un bras de fer avec le gouvernement australien. Et récemment, le géant du web a indiqué qu’il pourrait retirer son moteur de recherche d’Australie si jamais ce « code de conduite » venait à entrer en vigueur. Pour Microsoft, cette situation représente une opportunité qu’il entend bien saisir afin de proposer à l’Australie son moteur Bing à la place de celui de Google. Mais cela pose plusieurs questions et notamment, quelles seraient les conséquences d’une Australie sans Google ? Et Bing peut-il vraiment le remplacer ? Voici quelques éléments de réponse.

Pourquoi Google refuse-t-il de se soumettre à ce code de conduite ?

En Australie, il existe une commission de la concurrence qui joue le rôle de régulateur. Celle-ci a, en 2018, publié un rapport indiquant un déséquilibre fondamental du pouvoir de négociation entre les médias d’information australiens et les deux géants du numérique que sont Google et Facebook. Afin d’y remédier, la commission a préconisé l’adoption d’un code de conduite qui devra être respecté par les deux entreprises citées. Ce dernier les obligeant à rémunérer les médias australiens. Et si Google n’est pas contre l’idée de les soutenir, il rejette néanmoins ce code. En effet, s’il l’accepte, il devra rémunérer les groupes de presse australiens quand il veut reprendre leurs contenus pour les intégrer dans son moteur de recherche.

Or, selon Mel Silva, responsable de Google en Australie : « la possibilité de créer des liens librement entre les sites web est fondamentale pour la recherche. Ce code crée un risque financier et opérationnel déraisonnable et ingérable pour notre entreprise. Si le code devenait loi dans sa forme actuelle, nous n’aurions pas d’autre choix que de cesser de rendre la recherche Google disponible en Australie ». Elle ajoute également qu’il « existe une voie à suivre qui nous permet de soutenir le journalisme australien sans cesser la recherche », à savoir Google News Showcase, un service par lequel l’entreprise américaine paie des médias pour mettre en avant une sélection de leurs contenus. Un produit qui est déjà disponible en Allemange et au Brésil. Mais si l’Australie refuse cette proposition, Google retirera son moteur de recherche du pays. Face à cette menace, le gouvernement australien campe sur sa position et déclare que d’autres sociétés comme Microsoft pourraient valablement remplacer Google.

Quelles seraient les conséquences d’une Australie sans Google ?

Google est le premier moteur de recherche dans le monde. En effet, il réunit à lui seul 91,38 % des parts du marché mondial. Raison pour laquelle, les entreprises privilégient Google pour leur référencement afin d’être mieux classées sur le web. Et en Australie, il occupe 95 % du marché. S’il retire son moteur, cela aura des répercussions sur les entreprises et sites référencés sur Google, et aussi sur Apple qui en a fait son moteur de recherche par défaut. Par conséquent, on pourrait assister à un grand vide dans ce pays, impactant négativement plusieurs secteurs d’activité. Il s’agirait donc d’une raison suffisante pour l’Australie de revenir sur sa décision et d’accepter les négociations de Google. Cependant, Microsoft a profité de cette occasion pour rassurer le gouvernement australien quant à sa capacité de remplacer Google avec son moteur de recherche Bing.

Bing pourrait-il remplacer Google dans ce pays ?

En Australie, Bing, le moteur de recherche de Microsoft, détient 3,7 % des parts du marché. Un pourcentage négligeable par rapport à celui de Google. Mais Microsoft ne se laisse pas intimider pour autant. D’ailleurs, il reste convaincu d’avoir les capacités nécessaires pour combler le vide que Google pourrait causer en Australie. En effet, Bing permet aussi de faire des recherches pertinentes et propose des fonctionnalités assez similaires à celles de Google. Le désaccord entre l’Australie et Google représente donc une opportunité en or pour Bing d’augmenter ses parts de marché. En outre, Microsoft indique être prêt à se conformer au code de conduite australien et à perfectionner davantage son moteur de recherche. Réponse au prochain épisode !

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